La Clé des nuages

L'an dernier, à l'instigation d'Eugénie, j'ai testé La Clé des nuages, un jeu poétique et symbolique de kF Felix Beroud, avec Laurence Jonard.

Ceci n’est pas un compte-rendu.

Nous occupons chacune un bout du long canapé d’Eugénie.

C’est à la fois solennel et drôle. Nous nous connaissons bien. On ne sait pas si l’on doit croiser le regard de l’autre ou bien fermer les yeux pour mieux écouter sa voix. Le tête-à-tête produit l’un et l’autre à la fois.

À côté, bienveillante spectatrice, Eugénie est inconfortablement installée dans une liseuse au pli sec, sous un plaid, souriant comme un personnage de Jane Austen dont les deux filles viennent de trouver à se marier.

Sur la table basse, les vestiges de pistaches que j’ai croquées trop vite, façon lémurien surdosé.

Je suis la mage et Laurence mon image.

Ma partie précédente avec Eugénie ne m’a pas encore permis de mesurer à quel point il n’y a pas de point de vue, pas de pointe de compas, seulement des cercles qui s’entrecroisent et finalement se surimposent, jusqu’à décalquer sur l’une comme sur l’autre une réalité singulière. La vision que nous nous apprêtons à créer, au lieu d’éthérée, s’avère épaisse et tangible.

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